1916-1917 Demandes de mandats

Le 29 Juin 1916

Cher Monsieur,

Je suis fort occupé actuellement on on nous fait faire un entraînement vraiment formidable (NDLR : Camp de Crèvecœur) : depuis 15 jours, nous allons être au 6ème.

Les jours où nous ne changeons pas de cantonnement, ce sont des 10h de cheval.

Nous nous levons souvent avant le jour ; enfin dès qu’il y a un instant de libre, je dors ou je mange, ou j’astique, aussi j’ai bien peu de temps pour écrire. Je vois sans cesse des camarades d’Alfred et je le verrai probablement un de ces jours car nous sommes tout à fait ensemble.

Pourriez vous m’envoyer un mandat de 100 fr car avec les évènements, qui se préparent je préfère avoir de l’argent d’avance dans ma poche.

Bonnes nouvelles de mère du 08 Juin.

Je n’ai encore besoin de rien au point de vue de la nourriture, mais je pense que cela va venir.

Inscrivez, je vous prie, mon adresse très exacte sur le mandat, car le dernier mandat s’est égaré ; il y a en effet pas mal de « Saint-Léger » ici et je n’ai eu le mandat qu’au bout d’un certain temps.

Je vous remercie beaucoup cher Monsieur de ce que vous faites pour moi.

J’écrirai à mon onble Gustave le plus vite possible.

Je vous envoie cher Monsieur, avec encore mille remerciements, l’assurance de toute ma sympathie.

Claude Saint-Léger

32° dragon, 2° peloton, 4° escadron, Sect 4

P.S. Je ne sais plus où j’en suis de ma correspondance avec vous ;

Vous ai-je dit que j’avais bien reçu votre mandat ; que la note de l’opticien était payée ; et que j’ai mêpme demandé qu’on m’envoie encore une autre paire, car j’en fais une consommation effroyable.

Ai-je remercié mon oncle Gustave des nouvelles de mère et du camp__ ?

Le 29 Octobre 1916

Envoyé à M St Léger : 100 fr, 1 colis avec 2 chemises et 2 caleçons

Envoyé à Augustine Leroy, 23 rue Bayard à Pau : 1 mandat de 200 fr, 1 complet bleu, 2 caleçon, 1 paire de bottines

Cher Monsieur

J’ai bien reçu vos 50 francs ; mais je viens cependant encore vous ennuyer et beaucoup cette fois-ci.

Auriez vous l’amabilité de m’envoyer ici : deux caleçons qui sont encore rue Mans___ et 2 chemises comme celle que j’avais à Versailles : elles sont ___ pour les cavaliers ; elles ont une étiquette au col « Le Régiment » vous en trouverez au Printemps.

Ce ____ ___ envoyé à Line, à Pau au 23 rue Bayard ___ bleu ___ encore ___ s’il en reste une paire de chaussures jaunes ____ du régiment que je vous ai laissé en partant.

Pour l’argent, veuillez m’envoyer 100 fr ici et envoyer à « Line » 23 rue Bayard 200 fr pour mes dépenses en permissions.

Excusez moi de vous déranger autant ; mais la permission est un gros évènement ; j’aurai d’ailleurs le plaisir d’en causer avec vous car je compte m’arrêter 2 jours à Paris en revenant.

Cela aurait été plus simple de passer par Paris en allant, mais avec les délais de route, cela me ferait perdre un jour. Je vous verrai donc en revenant ; un nouveau décret permet en effet de demander 2 endroits pour une permission.

Recevez, chère Monsieur « Lorniulle » l’assurance de toute mon amitié et de ma reconnaissance entière.

Claude Saint-Léger

Le 8 Février 1917

Cher Monsieur,

Je vous remercie de vous être occupé de moi pendant les tranchées. Notre séjour là bas s’est d’ailleurs vraiment fort bien passé.

Vous seriez bien aimable de m’envoyer 50 fr.

Nous sommes très mal installé et c’est d’un inconfortable même rudimentaire entre ordinaire.

Pas une table pour écrire, ni un banc.

Recevez, cher Monsieur, l’assurance de toute ma reconnaissance et toutes mes amitiés.

Claude Saint-Léger

Le 17 Février 1917

Cher Monsieur,

Avez vous reçu, il y a quelques jours, la lettre où je vous demandais de m’envoyer 50 fr ?

Vous seriez bien aimable de m’envoyer ces 50 fr et comme probablement vous les aurez déjà envoyé quand vous recevrez la lettre, veuillez avoir l’amabilité de m’envoyer 50 autres frais car nous allons probablement retourner aux tranchées d’ici peu de jours et loin ____ beaucoup plus compliqué de recevoir de l’argent.

Je vous remercie beaucoup de vous occuper de moi.

Vous serez bien aimable de m’envoyer les 50 ou 100 fr le plus vite possible car je vous ai demandé ces 50 fr me trouvant déjà à court et j’en ai vraiment besoin en ce moment.

Recevez, cher Monsieur, l’assurance de toute mon amitié.

Claude Saint-Léger

Le ?

Cher monsieur,

Juste un mot pour vous dire que je n’ai pas encore pu vous envoyer mes lunettes.

Nous allons sans doute reprendre les tranchées.

Vous me feriez plaisir en envoyant 50 fr.

Je vous remercie de tous ce que vous faites pour moi ; j’espère que votre voyage au Mont St Michel vous a intéressé ; a-t’on commencé à démolir la digue ?

Recevez cher Monsieur l’assurance de toutes mon amitié.

Claude Saint-Léger

Le 20 Février 1917

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu aujourd’hui votre mandat. Je vous en remercie beaucoup. Je compte que vous aurez l’amabilité de m’en envoyer un semblable le plus vite possible, car celui-là était déjà fort entamé par l’argent que m’a prêté ___. D’ailleurs, nous retournons aux tranchées dès quelques jours.

Vous êtes bien aimable de vous occuper de moi.

Recevez, cher Monsieur, avec l’assurance de toute mon amitié dans mes remerciements.

Claude